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Mastère de Presse Culturelle / Dossier "Sous le signe d'Hervé Guibert à la MEP" : Hervé Guibert et Hans Georg Berger, l’immortelle complicité de Simon Cherner

Herve Guibert couverture scaled

Presque trente ans après sa mort, Hervé Guibert réapparaît dans les pages d’Un amour photographique, à travers la sélection de deux-cents clichés qu’en a pris son ami et complice, Hans Georg Berger, entre 1978 et 1991.

 

La Maison Européenne de la Photographie avait déjà organisée en 2011 une rétrospective consacrée à l’œuvre d’Hervé Guibert photographe, elle vient désormais honorer l’écrivain en sa qualité de modèle et de sujet. Photographié, il l’a été pendant treize ans sous l’objectif de Hans Georg Berger, qui a eu l’occasion de revenir – lors d’une rencontre animée par Mathieu Lindon, le 11 mars dernier – sur le « pacte photographique » qu’il avait conclu et entretenu, tacitement, avec Hervé Guibert, de sa fougueuse et insolente jeunesse jusqu’à la déliquescence des années sida, dûment documentées à sa demande.

Guibert et Berger s’étaient rencontrés en 1978, à Munich. La passion commune des deux jeunes hommes pour la photographie, soulignée par l’emploi du même genre d’appareil – un Rollei 35, offert par le père de l’un et la mère de l’autre – scelle d’emblée une amitié placée sous le signe de la collusion des regards. Et lorsque le photographe allemand introduit le dandy français aux charmes de l’île d’Elbe, c’est aussitôt que l’écrivain s’éprend de « cet endroit miraculeux », où il sera enterré, ainsi que du monastère délaissé et isolé de Santa Catarina, entre les murs duquel il rédigera une grande partie de ses livres, en compagnie de sa joyeuse coterie d’amis.

Herve Guibert 004

C’est précisément cette amitié complice qui affleure des photos dont est composé Un amour photographique, le recueil de portraits d’Hervé Guibert réalisés par Hans Georg Berger. L’ouvrage ne cherche pas tant à retracer une chronologie qu’à donner à voir le geste photographique comme pratique d’une obsession affective filée à travers les années. Ce récit visuel est renforcé par de fréquents jeux de miroirs et de reflets qui sont autant de marqueurs de la réciprocité, parfois ambivalente, de l’étreinte argentique. Quant à Guibert, on le retrouve souriant ou absent, souvent cajoleur, parfois froid ; tantôt jeune et échevelé, tantôt grave et émacié : toujours beau. Et ainsi immortalisé.

 

Simon Cherner

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