Le blason de l'ESJ et autres histoires

L’histoire du blason de l’ESJ

Le Blason de l’ESJ a toujours existé, l’évolution de celui-ci a gardé les mêmes éléments de son passé centenaire. Depuis l’Antiquité, les Lauriers représentent la gloire, le succès, ils symbolisent Apollon paré de Daphné transformée en laurier par Minerve, ils couronnaient la tête des vainqueurs. A l’ESJ c’est la noblesse des études que nous célébrons, la couronne du savoir et de la connaissance. La Mappemonde, concrétise le futur rôle international et humaniste de nos étudiants, l’enseignement géopolitique et la réalité des technologies nouvelles. La Devise latine, Quot capita tot sensus, Autant d’hommes autant d’avis, fut utilisée dans le monde de la presse, du théâtre, des débats juridiques et bien sur de la littérature, comme vous en trouverez des exemples plus bas. Bien entendu nos futurs journalistes tiendront compte de l’avis de chacun, de cette richesse, de cette diversité des hommes. Ils ne perdront jamais de vue, leur rôle d’enquêteurs, de chercheurs de vérité, insoumis aux politiques et libres de contingences commerciales. Dans le respect de la déontologie, la confusion que crée naturellement, « Autant de têtes, autant d’avis » sera éclaircie et apaisée et non pas unifiée avec l’aide et le travail de ces témoins de notre temps que sont les journalistes formés à l’ ESJ.

La devise de l’école

QUOT CAPITA, TOT SENSUS : Autant d’hommes, autant de sentiments.

Tot capital tot sensus. Littéralement : autant de têtes autant de sentiments. C’est un proverbe latin, sans doute plus ancien que les Latins. La forme grammaticale est : quot capita, tot sensus.

Ancien blason

Nouveau blason

 


Auteurs ayant utilisé le proverbe

A propos des discussions du Journal des Débats, qui a pris pour devise : Tot capita, tot sensus, l’Union fait de sages réflexions sur l’unité qui doit régner dans une feuille politique : Elle doit être une oeuvre, non pas individuelle, quelque brillantes ou obscures que soient les personnes qui y travaillent, mais collective, représentant un ensemble de doctrines qui se tiennent et se coordonnent.
É. DE LA BÉDOLLIÈRE
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L’armée parlementaire est, pour ainsi dire, en garnison ; elle s’ennuie, au lieu d’agir ; elle déserte, au lieu d’obéir ; elle ergote : Quot capita, tot sententiae. (Sententiae est ici synonyme de sensus.)
Revue des Deux-Mondes
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Les tempéraments ne sont pas tous les mêmes.
Le proverbe dit : Tot capita, tot sensus. Eh bien ! les différences d’organisation sont aussi nombreuses, aussi multipliées que les divergences d’opinion.
Revue de Paris
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La vraie morale doit être populaire. Or, la morale de sentiment n’a pas ce caractère, parce qu’on est rarement d’accord sur les choses de sentiment : Tot capita, tot sensus.
BAUTAIN
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Né, Carthage, Afrique, 190 B.C.
Mort, 158 B.C. Quot capita, tot sensus : Autant de têtes, autant d’avis.
Jamais on ne vit pareille confusion: quot capita, tot sensus. Térence a dit dans le même sens (Phormion, II, 4, 14): Quot homines, tot sententiae (Autant d’hommes, autant d’avis).
« Tant qu’il y a la vie, il y a espoir. » L’une des autres grandes expressions latines qu’on lui doit d’avoir passé à la postérité avec « Quot capita tot sensus ».

WHILE there’s life, there’s hope. » Probably every English speaking person has used or at least heard that expression at some time. Not one in a hundred, or even in a thousand, very likely, knows that it first saw the light of day in the works of the Roman dramatist posterity knows simply as Terence. It is only one of dozens of similar quotations, so familiar as to have become proverbial, all of which first heard on the Roma.

PUBLIUS TERENTIUS AFER (« TERENCE »)
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L’auteur de la nouvelle pièce du Vaudeville est un romancier d’un talent incontesté, dont le nom apparaît de temps en temps aux vitrines des libraires et chaque fois y fait sensation ; un écrivain de loisir qui a eu le bonheur de pouvoir travailler toujours lentement, à l’écart des productions à outrance, occupant sa vie à faire de beaux voyages, une oeuvre courte mais complète, où des études d’époques disparues alternent avec les moeurs triviales de ce temps, comme si l’auteur se consolait de la mesquinerie de l’un avec les splendeurs des autres. Or, il advint qu’un jour un directeur de théâtre, remuant, intelligent, toujours à la piste du nouveau, pensa que ce nom illustre et rare serait d’un excellent effet sur son affiche, et aussitôt le voilà tombant chez notre romancier :
- Vous devriez me faire une pièce.
- Moi ?… Une pièce… Y songez-vous ?… Que j’aille débuter, à mon âge, après avoir tant travaillé, après Madame Bovary, Salammbô, L’Education sentimentale… J’ai bien autre chose à faire qu’une pièce. Je prépare un roman en deux volumes… Et vous voulez que j’aille m’exposer bénévolement aux épigrammes de la petite presse et aux conseils de la grande, que je voie mon nom se débattre dans des buissons d’épine et des flots d’encre amère, que je fournisse à la sottise, à l’envie, à l’impuissance, une occasion de m’attaquer, de dire : « Enfin nous le tenons… » … Non ! Jamais ! Jamais !
- Ainsi vous ne m’autorisez pas à annoncer que le Vaudeville donnera une comédie de vous cet hiver ?
- Gardez vous en bien !
Mais, le directeur parti, quand notre romancier voulut se remettre au travail, cette idée de faire une pièce le troubla, le poursuivit. Malgré lui il y pensait. Les sujets se présentaient à son esprit. Il trouvait sans les chercher des mots, des effets scéniques, et la nuit, en fermant les yeux pour dormir, il voyait la rampe allumée, la salle pleine, toutes les lorgnettes de Paris braquées sur l’oeuvre encore vague de son esprit… Après tout, pourquoi pas ? Ce serait peut-être charmant d’essayer cela une fois… Sans doute, le théâtre est un art inférieur ; mais c’est encore celui qui convient le mieux à cette époque pressée, surmenée, où l’on n’a même plus le temps de lire. A la scène, l’oeuvre la plus considérable, étalée en quatre ou cinq actes, se parcourt tout d’un trait sans fatigue, ajoutant l’image au texte… Essayons du théâtre !

Là-dessus, il se met à l’oeuvre, choisit un bon sujet bien moderne, une satire du suffrage universel dans ce qu’il a d’excessif et de désordonné, et changeant pour cette fois ses habitudes de travail, il écrit sa pièce d’une haleine en quelques jours. Mais alors commencent pour lui des tracasseries de toutes sortes, car le temps du travail n’est pas le plus pénible en ces tentatives dramatiques. Il y a ensuite les exigences de la rampe, la fantaisie du directeur, les susceptibilités des interprètes. Il faut rallonger un rôle, raccourcir une scène, refondre des actes entiers. Un jour la répétition va bien, le lendemain elle se traîne. « Nous nous sommes trompés, déclare tout à coup le directeur ; la pièce est à refaire. – Eh bien ! nous la referons… » dit l’autre qui veut en avoir le coeur net ; et quand il a repris les rôles un à un, changé les situations, créé de nouveaux types, il se trouve que l’ancien texte était encore le meilleur, et on le reprend. Ajoutez à cela la pluie des conseils qui lui tombent de tous côtés et qu’il se croit obligé d’accepter dans son inexpérience du métier ; car c’est pour le théâtre surtout que le tot capita tot sensus a été inventé.

« La pièce serait meilleure en trois actes.
- Laissez-en plutôt quatre.
- Mais !… quatre actes sont une mauvaise soupe…
- Si on mettait de la musique ! »

Et les mauvais vouloirs, les jalousies, les négligences, les entêtements… Puis les demandes de billets, tout Paris qui veut voir la première et use de ses influences multiples pour envahir la salle entière, les gens qu’on mécontente, les amis vexés, et cette tentation de la dernière heure – devant la peur du public et de l’inconnu – de jeter la pièce au feu et de se remettre au roman commencé… Enfin, quand le grand jour est venu, que tout a été réglé, depuis le mécanisme du gaz jusqu’à l’ouverture des portes, jusqu’au jeu savant des longues jupes, alors le pauvre auteur, fatigué, crispé, ahuri, assise des coulisses au lever de rideau et pendant trois terribles heures…

Le Candidat, de Gustave Flaubert,
vu par Alphonse Daudet
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C’est pourquoi il n’y a rien d’extraordinaire, pour le dire en passant, que tant de controverses aient été suscitées parmi les hommes, et qu’elles aient abouti au scepticisme. Car bien que les corps des hommes aient entre eux beaucoup de convenance ils diffèrent par beaucoup d’endroits, de telle sorte que ce qui paraît bon à l’un semble mauvais à l’autre, ce qui est bien ordonné pour celui-ci est confus pour celui-là, ce qui est agréable à tel ou tel est désagréable à un troisième, et ainsi pour mille autres choses que je néglige de citer ici, soit parce que ce n’est pas le moment d’en traiter ex professo, soit parce que tout le monde est assez éclairé sur ce point par l’expérience. On répète sans cesse : « Autant de têtes, autant d’avis ; tout homme abonde dans son sens ; il n’y a pas moins de différence entre les cerveaux des hommes qu’entre leurs palais : » toutes ces sentences marquent assez que les hommes jugent des choses suivant la disposition de leur cerveau et exercent leur imagination plus que leur entendement. Car si les hommes entendaient vraiment les choses, ils trouveraient dans cette connaissance, sinon un grand attrait, du moins (les mathématiques en sont la preuve) des convictions unanimes.
Nous voyons donc que toutes les raisons dont se sert le vulgaire pour expliquer la nature ne sont que des modes de l’imagination, qu’elles ne marquent point la nature des choses, mais seulement la constitution de la faculté d’imaginer ; et comme ces notions fantastiques ont des noms qui indiquent des êtres réels, indépendants de l’imagination, je nomme ces êtres non pas êtres de raison, mais êtres d’imagination ; et cela posé, il devient aisé de repousser tous les arguments puisés contre nous à pareille source.

EI – Appendix /Spinoza
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Est-ce bien sûr ? Il faudrait en tout cas opérer cette manœuvre pénible avec moins de foi et ne pas s’imaginer qu’en interrogeant sur un fait cinquante témoins on trouvera la Vérité ; cinquante témoignages font cinquante vérités, voilà tout. Mais pas plus que la philosophie, la justice n’en démord. Elle cherche la Vérité.
Tot capita, tot sensus. Messieurs, et chaque opinion est une vérité, et chaque opinion et chaque vérité est la bonne et la vraie Vérité. Pour jouer la tragi-comédie humaine il faut un sérieux mitigé de sourire.

Textes des Epilogues de 1895. Remy de Gourmont
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AU RÉDACTEUR.
Monsieur,

La langue universelle fut la pensée de toute ma vie…
Leibnitz.

Ce ne fut que par une idée toute philosophique, puisqu’elle se rattache au langage universel des peuples, que je vous proposai un mot étymologique pour remplacer celui de ferrandiniers. C’était un pas à faire vers un but scientifique, c’était un atôme de progrès à extirper de l’immensité des progrès qui nous restent à faire. En homme sensé, vous daignâtes prendre en considération la question que je venais de soulever, sachant bien que c’est à l’imperfection des langues qu’il faut attribuer en grande partie les paradoxes et les erreurs ; mais n’est-ce pas au texte même de votre concours qu’il faut attribuer cette polémique longue et fastidieuse, sur une aussi simple question. En effet, vous dites : Nous ne devons pas oublier que c’est un sujet de goût et de convenance auquel le public doit donner son approbation. Étrange erreur ! C’est tout comme si l’on demandait à une jeune fille le nom qu’elle voudrait porter, elle ne manquerait pas de désigner celui qui serait le plus conforme à son esprit romanesque : quot capita tot sensus. Les Berzélius, les Vauquelain, en appelant chlorure de sodium, ou hydro-chlorate de soude (le sel de cuisine) ne consultèrent pas le public, ils n’eussent pas obtenu son assentiment. Cependant les arts brillent d’un nouvel éclat depuis ces nouvelles nomenclatures. La simple question était donc de trouver un nom qui réunît les deux qualités exigées par la logique : la comprehension et l’extension, quelle que soit d’ailleurs sa désinence ; les deux mots que je vous ai proposés, en leur appliquant la règle néologique savamment expliquée par un veloutier (voir l’Echo n° 54), remplissent parfaitement les deux indications demandées, séricariers et tissericiers ; ce dernier, auquel on pourrait conserver la désinence en iens, a de plus l’avantage d’être imitatif.

Je laisse au jugement éclairé des membres de la commission, le soin de décider si les autres mots proposés ne sont pas amphybologiques, incomplets, ou d’une idée trop extensive ; quant au mot soieriefèvres, je les prie de faire attention que le mot latin faber ne s’applique qu’à l’artisan qui emploie le marteau. Du reste, je suis bien persuadé qu’en cette circonstance ces messieurs suivront les sages préceptes de Locke : « N’employons jamais les mots sans y attacher une idée ; faisons-leur toujours signifier la même chose ; ne les rendons pas obscurs par de mauvaises applications. »

Daignez, Monsieur le rédacteur, accueillir ces dernières observations sur une proposition qui doit être résolue par l’affirmative en faveur de la science ; s’il en était autrement, ce serait à douter d’une émancipation plus grande, puisque la moindre question progressive resterait sans solution.

Agréez l’assurance de ma haute considération.

MEZIAT.

L’Echo de la Fabrique : 9 décembre 1832 – Numéro 59
M. Vernay propose le mot de tissosoiriste. M. Méziat, à ceux par lui proposés, ajoute ceux de sericariers et tissericiers.
Lyon, le 27 novembre 1832.
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Mais aussi :

Quot capita tot sensus : Il y a autant de solutions que de têtes.
ASTERIX de GOSCINNY et UDERZO
(Astérix chez Rahazade, p. 34, 5ème case)

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A vous maintenant, chers étudiants, de nous confier vos textes et trouvailles sur la devise de l’Ecole pour enrichir notre site…

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