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L'ESJ Paris aux Assises internationales du journalisme de Tours 2018

Le 15 mars, huit étudiantes de notre formation Digital media & journalisme de l’Ecole supérieure de journalisme de Paris ont assisté aux Assises internationales du journalisme de Tours. Pendant une journée, elles ont participé à des conférences et des débats autour du thème de l'année : l’utilité du journalisme.

Suite à cette délocalisation, elles présentent ici les grands sujets, les projets et les intervenants de cette 11ème édition, avec trois thèmes majeurs : le rôle des journalistes dans la lutte contre la désinformation, l'émergence de médias innovants, et la représentativité des journalistes dans le débat citoyen.

Une mobilisation autour du projet de loi contre les fake news

C’était un sujet attendu : la lutte contre les fake news au programme des Assises.  La ministre de la culture, Françoise Nyssen, a défendu le projet de loi du gouvernement sur les fake news.  Celui-ci propose d'intervenir directement sur les réseaux sociaux pour arrêter la diffusion de fausses informations, notamment en période électorale. Cette intervention était très attendue par l'hémicycle de journalistes, soucieux du respect de la liberté de l’information.

Les étudiantes ont également été amenées à réfléchir à des solutions pour lutter contre la désinformation. Lors d'un débat sur ce thème, Jean-Bernard Schmidt, co-fondateur de Spicee une plateforme de vidéos web, a rappelé que "si de nombreuses fausses informations ont une visée politique, elles sont aussi produites avec une visée économique, pour générer du clic".

Parmi les solutions évoquées, une régulation de la profession à travers des codes de bonne conduite, à l'image de la Charte d’éthique professionnelle des journalistes représentée par le syndicat des journalistes (SNJ) qui célébrait justement les 100 ans de ce document.
Le développement d'un journalisme de décryptage et l'éducation aux médias participent également à lutter contre la désinformation.

De plus en plus d'entrepreneurs dans les médias

Le groupe d'étudiantes spécialisé sur les nouvelles écritures web a été particulièrement sensible aux propositions éditoriales d'acteurs émergents. Par exemple, EKOPO, un webzine lancé en 2016 qui promeut un journalisme de solution. La rédactrice en chef Emilie Kovacs est experte de l'économie positive:  “il manque une mise en valeur des acteurs qui contribuent aux progrès de la société dans le traitement médiatique en général. Il faut rééquilibrer cette saturation de l’info alarmiste et anxiogène en avançant des solutions”. Son livre Journalisme de Solution, développe cette idée inspirante.

Autre tendance de l'entreprenariat dans les médias, le développement d'incubateurs qui portent des journalistes pour les aider à développer un projet éditorial avec un business modèle adapté. Plusieurs incubateurs étaient invités à présenter leurs méthodes, notamment Le Tank Média, Paris&Co ou encore The Media House.

Un journalisme représentatif de la diversité

Comment mieux représenter les quartiers populaires dans les médias ? Le terme de "maltraitance médiatique" a été débattu entre journalistes engagés sur ces questions.  Edouard Zambeaux, réalisateur du documentaire "Un jour, ca ira", Ariane Chemin co-auteur de l'enquête sur la ville de Trappes, "La communauté", qui vient de paraître aux éditions Albin Michel, ou encore Nassira El Moaddem du Bondy Blog ont partagé leurs points de vue.

Pour encourager la diversité dans les médias, l'initiative Melting Book, portée par la journaliste Nadia Henni-Moulaï, propose un annuaire d'experts issus de la diversité dans les quartiers ou dans les zones rurales. Melting book est aussi un média de slow journalisme de proximité, qui propose régulièrement des portraits, et des débats en lien avec l'actualité. 

Enfin, pour éviter un traitement caricatural des quartiers populaires et redonner de la valeur au métier de journaliste, plusieurs initiatives étaient récompensées à l'occasion du concours annuel du Prix de l'éducation à l'information des Assises.

Le projet "Grand Vaux dans nos yeux"  soutenu par la DRAC Île-de-France et porté par une enseignante de l'ESJ Paris, Manon Aubel, a remporté un Prix de l'éducation aux médias dans la catégorie hors école. Cette proposition de sensibilisation au journalisme à travers la photographie est restituée sous la forme d'un magazine.

GrandVaux dansnosyeux

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