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Davet et Lhomme rejoignent l'ESJ Paris

Gérard Davet et Fabrice Lhomme, grands reporters au journal Le Monde et directeurs de collection chez Fayard, vont enseigner l’investigation et l’enquête à l’Ecole supérieure de journalisme de Paris dès la rentrée 2018. Parrains en 2016 de la 115e promotion de l'ESJ Paris, les auteurs de l’ouvrage Un président de ne devrait pas dire ça sont à l’origine de beaucoup d’affaires révélées.

Affaire Tapie, listing HSBC, affaire du Kazakhgate, écoutes de Sarkozy ou encore affaire Tomi. Leur expérience dans l’enquête et l’investigation n’est plus à démontrer. C’est ce que Gérard Davet et Fabrice Lhomme vont apporter aux étudiants de l’ESJ Paris dès l’année prochaine. Une impression de déjà-vu pour les deux compères qui y ont déjà enseigné mais qui ont rapidement arrêté « pour des raisons un peu anarchiques et qu’on avait beaucoup trop de choses à faire en même temps » précise d’abord Gérard Davet, mentionnant aussi l’écriture de leur ouvrage Un président ne devrait pas dire ça. Ils décident quand même d’y revenir « parce que l’ESJ Paris se relance complètement et parce que [l’école] prend des élèves post-bac ou qui viennent d’horizons différents, et ça permet d’avoir des profils de journalistes différents ». Même chose pour son ami et collègue de longue date Fabrice Lhomme : « on a été frappés par le profil des étudiants qui est très différent du profil qu’on voit dans les autres écoles de journalisme. Le processus de recrutement de l’ESJ et son histoire font qu’on a des gens, ici, qu’on ne retrouve pas ailleurs. » Un critère important pour le journaliste du Monde qui estime que « c’est plus intéressant parce qu’on a le sentiment qu’ils sont plus proches de la réalité, et on sait que c’est l’un des gros problèmes de la presse aujourd’hui, c’est de se rapprocher de son lectorat, de ses téléspectateurs et de ses auditeurs ».

« On est vraiment dans cette idée-là, c’est d’être dans la transmission »

« Il y a assez peu de relève dans ce domaine » déplore Gérard Davet. S’il concède qu’il existe aujourd’hui des journalistes qui font perdurer le travail d’enquête, le journaliste du Monde explique qu’il y a malgré tout « des règles intangibles. Et ces règles intangibles ne sont pas transmises. Par exemple : une interview c’est pas du tout 'je me pose devant quelqu’un, je pose des questions et je suis content d’avoir accès à lui'. Non. On veut quelque chose de quelqu’un. Tout ça, ce sont des choses qu’on pratique depuis longtemps et qu’on peut transmettre à de jeunes étudiants qui ont vraiment envie de ça ». Et la sémantique utilisée ici a toute son importance. Fabrice Lhomme explique : « je ne me considère pas comme enseignant, ni comme un professeur, mais plutôt comme un transmetteur. Avec Gérard on est vraiment dans cette idée-là, c’est d’être dans la transmission. On arrive à un moment dans notre vie où on a vraiment envie d’aider les plus jeunes et de leur transmettre notre passion pour l’investigation et l’enquête ». Pour ça, les deux journalistes donneront des cours ensemble et proposeront des exercices qu’ils souhaitent sérieux et pratiques « ça peut être un projet qui sera lancé du début à la fin de l’année scolaire, éventuellement un projet de livre, d’enquête quelque part… on conçoit ça comme un échange. On discute, on transmet, on apporte notre expérience et des cas pratiques ».

Photo et propos recueillis par Lucas Pierre

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