Zoom sur Mohamed Selhami (Promotion 1970)

Fondateur et directeur de la publication du magazine Maroc Hebdo, Mohamed Selhami est le plus ancien lauréat marocain vivant de l’ESJ Paris (promotion 1970). Au moment où l'ESJ Paris réouvre à Casablanca, il confie dans cette interview ses souvenirs de ses années d'études ainsi que des grands moments ayant marqué son parcours  en France (L’équipe, RFI, Jeune Afrique…) et de ses interviews avec des chefs d’état, putschistes et mercenaires africains et arabes dans les années 1970 et 1980.

Mohamed Selhami : « J’ai découvert le journalisme très jeune et j’ai voulu en faire mon métier. J’ai alors décidé d’apprendre le métier dans une école spécialisée en France. J’ai opté pour l’ESJ Paris au moment même où je préparais ma licence à l’Université Paris 8 en 1970. Pourquoi l’ESJ Paris ? C’est une école qui mise sur des enseignants professionnels issus du milieu. J’ai appris les ficelles du métier, le sens de l’observation l’esprit de l’analyse, l’économie de l’information, la sociologie, le reportage de guerre… à l’époque, l’ESJ Paris englobait trois écoles, de journalisme, des Hautes études Internationales et des Hautes études Sociales. Grâce au parrainage de confrères qui avaient roulé leur bosse dans le secteur, j’ai réussi à intégrer le journal L’équipe.

Lors de la guerre israélo-arabe de 1973, j’ai été sollicité par RFI pour réaliser des reportages et des couvertures sur cette guerre. J’avais cependant les yeux rivés sur Jeune Afrique. Pour moi, c’était le journal qui s’intéressait de près à la réalité africaine et à celle de mon pays. Toujours en 1973, lors d’une réception dans une grande ambassade arabe à Paris, j’ai été présenté à Béchir Ben Yahmed qui allait quelque temps plus tard m’offrir l’opportunité de travailler à Jeune Afrique. J’ai touché un peu à tout (sport, politique…).

Mais je me suis senti dans mon élément lorsque M. Ben Yahmed m’a mis sur les conflits notamment africains et arabes. C’est ainsi que j’ai pu couvrir le conflit du Sahara, les guerres du Moyen Orient, du Tchad, de Libye, l’Irak-Iran et même l’Afghanistan… J’ai eu à interviewer des chefs d’état, des putschistes et des mercenaires tels le fameux Bob Denard. C’était du vrai journalisme de terrain. En 1991, nourri du sentiment que je devais créer ma propre entreprise de presse, j’ai créé Maroc Hebdo, profitant du processus démocratique lancée par Hassan II. Je n’avais pas la prétention de changer le monde mais j’avais la volonté de contribuer à tirer la profession vers le haut. Cela fait 24 ans. Le journal est toujours là. Il est fait pour durer, je l’espère. »

 

 

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