M. Régnard, pessimiste sur le fonctionnement la justice

 

L’ESJ Paris recevait mardi 26 octobre, pour sa conférence hebdomadaire, Christophe Régnard, président de l’USM, l’Union Syndicale des Magistrats. Invité un peu plus tôt sur l’antenne de Radio Classique, Christophe Régnard a partagé les moments importants de sa carrière de juge d’instruction.

En tant que président, il décrit l’USM comme un syndicat construit sur « un pluralisme politique et fondé sur des standards européens. Il est revenu rapidement sur sa carrière expliquant qu’elle a débuté au Parquet en tant que juge des enfants puis en tant que juge d’instruction.

« La situation entre Courroye et Desprez est connue depuis le début»

Christophe Régnard est revenu sur le feuilleton judiciaire qui a rythmé l'été 2010, l’affaire Woerth, Bettencourt. « On peut même dire l’affaire Courroye, Woerth, Bettencourt », ironise-t-il. Pour le magistrat, le débat s'est concentré sur la protection des sources journalistiques, alors que c’est un scandale qui touche aux fondements de la démocratie. Il redoute"que la juge Prévost-Desprez (soit) dessaisie", avant d’ajouter « La situation entre Courroye et Desprez est connue depuis le début, ils ne s’aiment pas et c’est de notoriété publique". "Cela fait six mois qu’on demande un juge d’instruction, au lieu de Courroye qui est proche du pouvoir ». Il remarque également que "la garde des Sceaux est aux abonnés absents depuis trois mois" et s'inquiète de "l'image que renvoie la justice dans l’opinion publique".

« La justice qui sera demain ne sera pas celle que j’espérerai »

Sur la corruption de la justice, le magistrat  répond que le ministre l'intérieur, Brice Hortefeux, « marche sur les plates bandes de Michèle-Alliot Marie. Il fait des propositions, elle reste muette. C’est inquiétant de voir cette primauté sur le ministère de la Justice". Il s'insurge contre le traitement anti-libido désigné plus trivialement par castration chimique, qu’il voit comme une "réforme démagogique" et ajoute que  "Les pays qui l’ont fait, ont investis des moyens considérables et pourtant il y a de la récidive. Donc quand le président (Nicolas Sarkozy) promet qu’il n’y aura pas de récidive, c’est un mensonge".
Sur l'avenir de la justice, sa réponse est sans ambages, "La justice de demain ne sera pas celle que j’espérerai c’est-à-dire un Conseil de la magistrature indépendant avec des procureurs indépendants".

Esther Trousset ESJ 2

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